samedi, septembre 30

De l'importance de la bande dessinée

Ca n’est pas de « l’actualité brevet Apple » mais c’est assez amusant, ça ne mange pas de pain et cela pourrait même être l’occasion d’apprendre quelque chose sur les brevets… voire sur ce que ne sera pas un futur produit Apple (que de mystère dans cette entrée en matière).

À côté de mon intérêt pour l’informatique, les pommes et les brevets, il se trouve que je nourris une certaine passion pour la bande dessinée. Un certain nombre d’auteurs de BD francophones nourrissant eux aussi un intérêt pour le Mac, ils en mettent parfois dans leurs œuvres (par exemple Frantico dans son excellent blog).

Or donc, en lisant la prépublication du nouveau tome des Cyclopes [1] de Jacamon et Matz, je tombe sur des cases où le héro utilise ce qui ressemble à un PDA avec une pomme dessus pour surfer sur le Net. Un peu plus tard, le même PDA permet au même personnage de se prendre en photo et de l’envoyer à son correspondant via une connexion Wi-Fi alors qu’il est dans une voiture.
« Très bien » me direz-vous, « mais quel est le rapport avec le sujet de MacBrains ? » Et vous n’aurez pas tort de poser la question.

Et bien, figurez-vous que ce genre d’anticipation peut avoir des répercussions dans la vrai vie. En effet, imaginez maintenant qu’Apple lance effectivement un PDA (ou un iPhone) qui ressemble vraiment beaucoup à ce que l’on voit dans cette bande dessinée. Quid du droit d’auteur lié à cette BD ?

C’est là que cela devient intéressant (et où je voulais en venir).

En fait, les auteurs de cette bande dessinée pourraient très bien faire valoir leurs droits, comme nous l’apprend l’extrait ci-après tiré du site de Scientific Facilitors® [2] :

« [...] Il est évident que Walt Disney n'a pas déposé de brevet pour la voiture de Mickey ou la soucoupe volante de Géo Trouvetou ; mais jamais aucune entreprise sérieuse ne tenterait de les exploiter sans son accord. Dans le même secteur, la société qui a commencé à fabriquer des petits sous-marins en forme de requin, sur le modèle décrit par Hergé dans la BD "Tintin et le trésor de Rackam Lerouge", a rapidement pu mesurer à ses frais, l'efficacité du droit d'auteur ! »

L’interaction entre le monde de la BD et celui de la propriété intellectuelle va même au-delà. Une bande dessinée peut aller jusqu’à être cité comme antériorité en vue d’invalider une demande de brevet. Cela consiste à prouver qu’une demande de brevet n’est pas inventive en démontrant que l’objet de l’invention a déjà été détaillé dans une bande dessinée. L’exemple le plus connu dans le milieu de la propriété intellectuelle est le suivant [3] :

« Un exemple fameux est le cas d’une méthode permettant de remettre à flot un bateau ayant coulé en remplissant celui-ci avec des corps flottants au moyen d’un tube. Cette méthode a été utilisée en 1964 pour renflouer le cargo Al-Kuwait depuis le fond du Golf Persique. L’inventeur danois Karl Kroeyer essaya d’obtenir un brevet pour cette méthode, mais sa demande de brevet (GB 1070600) fut rejeté pour défaut d’inventivité. L’art antérieur? En 1949 l’aventure de Donald Duck « The Sunken Yacht » (par Carl Barks) montre Donald et ses neveux renflouant un bateau en le remplissant de balles de ping pong au moyen d’un tube. Puisque les balles de ping pong sont des corps flottants, et qu’elles étaient introduites dans le bateau au moyen d’un tube, l’épisode de Donald Duck fut considéré comme art antérieur destructeur de nouveauté. »

La conclusion de cette histoire est qu’Apple doit avoir du souci à se faire lorsqu’elle dépose un nouveau modèle de produit (comme un iPhone…). Il suffirait qu’un petit malin ait vu juste avec un fake ou qu’un artiste ingénieux ait déjà dessiné quelque chose qui y ressemble beaucoup pour potentiellement se voir refuser l’originalité de celui-ci (pour autant que ces publications soient antérieures au dépôt d'Apple).

Lorsque l’on connaît les enjeux économiques liés à la propriété intellectuelle, on se dit que cela vaut la peine de lire des bandes dessinées…

Références:
[1] Cyclopes #2 par Jacamon & Matz, Edition Casterman
[2] http://www.scientific-facilitors.com/index.php?f=2&id=1
[3] Extrait librement traduit de la page http://www.iusmentis.com/patents/priorart/

jeudi, septembre 14

iMosaic

La demande de brevet US 20060206811, déposée le 11 mars 2005, est publiée aujourd’hui par l’USPTO. Elle protège le principe (peu connu) de création de pochette de CD de type Mosaïque à partir d’une série d'images dans iTunes.

Mais oui, ça :



Explications :
Lorsque vous gravez un album, vous mettez évidemment la pochette de l’album original comme illustration sur votre boîte de CD. Mais dans le cas d’une compilation personnelle, hein ? Si en plus vous n’avez pas un don inné du graphisme et que vous n’arrivez pas à vous décider sur l’image à y mettre, sur votre pochette ? Si vous êtes comme moi, un handicapé du graphisme musicologique et que vous en avez marre des compiles de hard rock avec une photo de petit chat dessus ?

Et bien Apple a pensé à vous : Cette demande de brevet détaille la méthode incluse dans iTunes pour créer automatiquement un « patchwork » à partir des illustrations attachées aux morceaux composant votre compilation (les jaquettes des albums dont les morceaux sont tirés) en faisant une analyse des couleurs qui s’y trouvent pour les positionner au mieux (esthétiquement parlant).

Le schéma ci-dessous illustre le principe : On choisi une liste de titres, on obtient la liste des illustrations correspondantes, le logiciel marie au mieux tout cela et hop, y a plus qu’à imprimer.
La figure 2A présente un titre avec sa couverture (204) et les informations relatives, la 2B le résultat (ici une mosaïque à partir d'une seule couverture). Quelques variantes de présentation:

En résumé, Apple a pensé une nouvelle fois à simplifier la vie de ses utilisateurs en leur proposant une fonctionnalité de « créativité spontanée ». A utiliser sans modération (Fichier -> Imprimer).

Et les (futures ?) utilisateur du (future ?) Zune, privés d’iTunes ?

Ben ils continueront à avoir des photos de petits chats sur leurs compiles de hard rock… tant pis pour eux.

vendredi, septembre 8

J’en veux un !

La demande, dont vous avez peut-être déjà entendu parler sur d’autres sites, US 20060197750 et portant le titre « Hand held electronic device with multiple touch sensing devices », va à coup sûr faire parler d’elle ces prochain temps.

Dès le résumé de la première page, le cadre est posé : « Un dispositif portable avec de multiples dispositifs sensibles au touché est revendiqué. Les dispositifs sensibles au touché peuvent, par exemple, être sélectionnés parmi les touch panels, les écrans tactiles ou les boitiers tactiles ».

La description de l’invention, elle, détail un peu plus précisément ce dont il est question, soit un appareil portatif (handheld) muni d’au moins deux dispositifs tactiles situés dans deux endroits différents dudit appareil. Par exemple : un écran tactile et une zone tactile sur le boitier.

« Mais à quoi que ça peut servir ça ? », allez-vous me demander.

Et bien à permettre l’intégration de bouton n’importe où sur l’appareil, sans casser son design avec des boutons « physiques » et sans prendre sur la surface d’affichage.

Cette demande est intéressante à plus d’un titre. Premièrement, elle mentionne l’usage dans un seul dispositif des aspects faisant l’objet de demandes de brevets spécifiques tel que le touch screen multipoints, la détection de l’emplacement du doigt au moyen de capteurs optiques intercalé entre les pixels d’une dalle LCD, les molette et clavier virtuels. En quelque sorte, il s’agit du chainon manquant entre toutes ces demandes dont je vous ai parlé ces derniers temps.

Ensuite, en allant plus loin, les ingénieurs d’Apple ont imaginé de rendre toutes les surfaces de l’objet « touch sensitive ». Ainsi, il est possible d’identifier la façon dont l’objet est tenu et de le faire réagir en conséquence : lancer un programme, ouvrir un document, effectuer une action. Par exemple, si l’objet passe de la position verticale dans une main à horizontale avec des doigts des deux côtés, l’affichage passe automatiquement en mode paysage. Il est même envisagé d’identifier l’utilisateur en fonction de la signature de ses mains (dans l’exemple donné : Bob ou Carol), de définir si il s’agit d’un gaucher ou d’un droitier et d’adapter la position des boutons, claviers ou molettes à celle des doigts de l’utilisateur.

Ici les boutons tactiles sont signalés par le numéro 134.

Ici la signature de la main sur les différentes faces de l’objet.

L’application de tout cela ? Et bien elle est multiple. Son mentionnés : les PDA, les téléphones portables, les media players (musique, films, …), les caméras, les GPS, les télécommandes. Comprenez bien qu’il ne s’agit pas ici de décrire un appareil ayant toutes ces fonctions mais biens des appareils auxquels on pourrait appliquer cette idée : remplacer tous les boutons en plaçant des surfaces tactiles un peu partout (voir carrément partout) afin de gagner en espace d’affichage, de ne pas casser le design (tiens, mes vœux concernant l’iPhone seraient-ils exhausés ?) et de positionner les « boutons » de façon dynamique. Deux cas sont détaillés plus spécifiquement : un Media Player (l’iPod, quoi) et un smart phone ( !!!).

Allez, on se résume ?

Apple vient de nous pondre ce qui pourrait bien être une révolution en matière d’interface de saisie pour les objets portable (le terme anglais « handheld » étant plus significatif) et de pureté de design. Un objet qui répondrait à la façon dont vous le tenez, dont l’interface serait totalement dynamique et multiforme. Sans présager qu’il s’agit du fameux iPhone, on entrevoit tout le potentiel d’un tel objet.

Bref, j’en veux un !

Dernière minute: tant qu'à faire, mettez donc ce post en relation avec cette information de MacNN ... (pas sorti dans ma veille car au nom d'un employé et non d'Apple elle-même).

jeudi, septembre 7

Au bar des génies

Deux nouvelles marques internationales entrent dans le giron d'Apple en ce mois de septembre:

Magsafe
Nul besoin de le présenter, l'adaptateur de courant à fixation magnétique pour la gamme de portables Apple est maintenant devenu une star de la pub. A voir ici.

Genius Bar
Cette marque est plus originale et, je dois l'avouer, m'était inconnue jusqu'à aujourd'hui. Il s'agit en fait d'un point de contact client au sein de l'Apple Store "physiques" de New York qui comprend aussi un iPod Bar et un Studio "où les clients peuvent obtenir une assistance en direct et des conseils gratuits, ainsi que travailler sur des projets créatifs à toute heure du jour et de la nuit", selon le communiqué de presse trouvé sur le site d'Apple.

La description exacte donnée dans la gazette OMPI des marques internationales du 7 septembre 2006 est:

  • Services de commerce de détail proposant des ordinateurs, logiciels informatiques, périphériques d'ordinateur et appareils électroniques de grande consommation ainsi que présentation de produits y relatifs.
  • Maintenance, installation et réparation de matériel informatique, périphériques d'ordinateur et appareils électroniques de grande consommation; services d'assistance, à savoir dépannage de périphériques d'ordinateur et appareils électroniques de grande consommation.
  • Services d'assistance, à savoir dépannage de matériel et de logiciels informatiques; maintenance, installation et réparation de logiciels.
Un "Bar des génies" pour les clients ? Y a pas à dire, on sait caresser le client dans le sens du poil chez Apple USA. En Suisse et en France on en demande pas tant, on se contenterait d'un bête Apple Store avec des ordinateurs dedans...

mercredi, septembre 6

L’iPod s’accroche

Deux designs américains publiés au nom d’Apple sont rendu publique ces jours.
Le premier, US D526777, a été déposé le 23 décembre 2004 et porte le titre très explicite de « Electronic device holder ». Il s’agit en fait d’un brassard pour l’iPod Shuffle, actuellement commercialisé sur l’Apple Store (donc pas un scoop).

La particularité de ce brassard est que l’iPod y est fixé en glissant son connecteur USB dans le support du brassard (qui se passe autour du bras, pour ceux qui n'auraient pas encore compris).


Le second design, le US D527723 déposé le 26 août 2004, porte sur un "Device harness", soit un moyen de porter son iPod autour du cou. Enfin... de le porter suspendu à son cou (vu que le iPod-écharpe de 60 cm de long en plastique souple n'existe pas encore. Tiens, ça c'est une idée...).Le iPod s'y clip par le connecteur et le tour est joué. Notez au passage l'usage de deux petit éléments de part et d'autre du connecteur central, destinés à sécuriser l'iPod en place.En fait, ce système est lui-aussi commercialisé sur l'Apple Store (pour l'iPod Mini) et n'est donc pas un scoope non plus.

Bref, voilà une info sur laquelle personne ne lancera de rumeur pour le 12. Quoique, un iPod-écharpe de 60 cm de long en plastique souple...

samedi, septembre 2

Happy birthday MacBrains

Tout absorbé par le rythme de fou du quotidien, je n’ai même pas remarqué. Vous non plus ?

Ça y est, MacBrains a soufflé sa première bougie.

L’occasion pour moi de faire un premier bilan sérieux.

Petit regard en arrière : MacBrains est né par un beau mardi de juillet 2005 (le 26 juillet pour être précis) de l’envie que j’avais de partager les informations que j’avais sous la souris et qui, j’en étais sûr, pouvais intéresser tous ceux qui de près ou de loin ont un œil sur Apple.

13 mois plus tard (puisque j’ai loupé la date anniversaire), le constat est plutôt positif. Google analytics n’est en place que depuis le 15 novembre 2005 mais je vous livre tout de même quelques statistiques.

Contenu

  • 68 posts, soit une moyenne de 5.2 par mois
  • 137 commentaires, soit une moyenne de 2 par post

Visites
  • 32'175 visites, soit une moyenne de 79.6 par jour
  • un record de 1268 visites en un seul jour (le 28 mars 2006)
  • 44'589 pages vues, soit une moyenne de 110.37 par jour
  • 10'337 visiteurs uniques ( !)

Le plus beau pour la fin
Bon, tout ça ce n’est que des chiffres. Ce qui est le plus important au final, c’est que vous soyez au rendez-vous. C’est vos visites et vos commentaires qui motivent le travail qui se cache derrière MacBrains. Lorsque l’envie de partager rencontre un publique, la passion s’entretient.

Merci à vous, donc.