mardi, janvier 31

Apple accélère

Apple + brevet = gros buzz !

C'est en substance l'équation qui s'applique presque immanquablement sur la Toile dès qu'un site de news "généraliste" (sans aucune connotation négative, si si) se met à relayer une information liée à la propriété intellectuelle touchant Apple de près ou de loin.

Un exemple ?

L’excellent blog de SVM Mac a publié aujourd'hui un post titré "Un accéléromètre pour jouer" et présentant, je cite, "Un nouveau brevet en provenance d’Apple" [...] "un accéléromètre qui détecte et interprète les mouvements que l’utilisateur applique à l’ordinateur", en l’occurrence du type « Tablet PC ».

Où est le problème ?

Personnelement, j'aime bien vérifier l'origine d'une information. Le site mentionne comme source macsimumnews.com. Ce dernier mentionne: “Buzz: Apple’s new accelerometer patent reveals a tablet PC,”. Suit le texte d'un "brevet", effectivement très intéressant, décrivant l'usage d'un accéléromètre comme moyen de détecter et interpréter les mouvements de l'utilisateur d'un "Tablet PC". En somme, l'ordinateur est un moyen de saisir des commandes.

Alors ? Alors vous direz que je suis un peu pénible mais il y a quelques détails qui me chiffonnent:
1) Le site source mentionne "Buzz" en début d'information. Cette mention a disparu entre la source et le site de SVM Mac. L'information a l'air bien plus solide.
2) Ni le site de SVM Mac ni celui de macsimumnews.com ne mentionne de numéro de publication, il est donc impossible de vérifier à la source de quoi il retourne.
3) Une recherche sur le Web donne, certes, pas mal de références mais toutes ont comme source le site de macsimumnews.com.
4) En cherchant un peu mieux, on tombe sur la référence à l'office des brevets américains, la demande de brevet US 20060017692. Il ne s'agit donc pas d'un brevet mais d'une demande de brevet !
5) Cette demande n'est pas au nom d'Apple mais uniquement au nom de ses inventeurs (pratique courante aux USA).

Bon, d'accord, je chipote. Mais avouez que l'on est tout de même assez éloigné d'un "Nouveau brevet Apple". Il serait peut-être bon que les sites traitant ce type d'info aient plus de rigueur en citant les documents d'origine.

Au final, il reste une jolie demande de brevet, tout de même au nom de Wehrenberg, l'inventeur mentionné sur la demande de brevet liée à l'accéléromètre antivol pour iPod présentée dans un précédant post. Et une jolie reprise du buzz autour du « Tablet Mac »…

jeudi, janvier 26

Après « l’iPod Radio », le « Radio-iPod »

Le 10 janvier, lors de sa keynote, Steve Jobs a présenté le iPod Radio Remote (pour ceux qui vivent sur une île déserte sans réseau wi-fi, il a aussi présenté les deux premiers Mac « Intellisés »…).

C’est cool, mais…

Mais on reste sur sa faim ! Avouons-le, pouvoir écouter la radio sur son iPod c’est bien mais c’est loin d’être une révolution. Il y a belle lurette que l’on peut faire la même chose avec son téléphone portable (en plus de prendre des photos et de téléphoner). Pourquoi vouloir limiter le iPod à la réception ? Pourquoi ne pas lui permettre de devenir un émetteur et d’en faire, une fois pour toute, la multimédiatèque ambulante qu’il a le potentiel de devenir ?

Loin d’être stupides, les cerveaux à pépins y ont évidemment pensé, eux aussi. Certes, cette info n’est pas nouvelle (un post y a déjà été consacré), mais deux éléments permettent de penser que le moment de la rendre réelle approche. Tout d’abord la Keynote mentionnée ci-dessus (le iPod est maintenant doté indirectement d’une antenne ; à partir de là, recevoir ou émettre ce n’est plus un problème), ensuite la demande mondiale WO 2006007084 publiée le 19 janvier 2006 (déposée le 11.05.2005).

Le titre de cette demande est « Procédé de transmission de données utilisant un dispositif multimédia portable ». L’image sur la première page ne laisse aucun doute :

Dans le schéma ci-dessus, le dispositif multimédia (102), tel que décrit dans la demande de brevet, peut être un lecteur digital (iPod), un téléphone portable, une radio (mobile ou stationnaire) ou un PDA. Le récepteur (104) est, de préférence, une « smart radio » (ie : compatible RDS). La description mentionne un transfert wireless ou au moyen d’un câble entre le dispositif et le récepteur. Le type d’information transmise est soit audio, soit textuelle (ou les deux pour afficher les titres, interprètes, etc sur la radio).

En excluant le fait que le rapport de recherche mentionne un X (une demande de Thomson Licensing SA datant de 2003), Apple semble chercher à reprendre le contrôle de l’usage du iPod comme source de diffusion wireless. Pour barrer la route aux fabricants d’accessoires avant de sortir une version « Home made » de iTrip intégré ?

PS: En parlant du iPod, Apple a fait une demande de protection de la marque "iPodcast", la réponse de l'OMPI doit tomber le 1er février, affaire à suivre...

samedi, janvier 21

Peinture rupestre

Jusqu’à aujourd’hui, si l’envie subite vous en prenait, vous étiez libre de dessiner des formes géométriques de base et de les combiner à votre guise. Ronds, triangles, carrés, rectangles, rien ne vous retenait… et bien désormais, une combinaison vous sera interdite, et ceci par la grâce d’un dépôt de marque internationale (sous la forme d’un logo déposé le 26.10.2005 et publié le 12 janvier 2006) signé Apple : 2 ronds concentriques placés sous un rectangle, le tout se trouvant dans un grand rectangle. Et cela est censé représenter… un iPod.

Le logo tel qu'il est protégé jusqu'en 2015 par l'OMPI

Bon, pour être tout à fait exact, il sera désormais interdit d’utiliser ce pictogramme sans l’autorisation de la Pomme pour représenter des « Dispositifs électroniques numériques portatifs et de poche pour l'enregistrement, l'organisation, la transmission, la manipulation et la consultation de fichiers audio et vidéo, de données et de textes; logiciels destinés à l'organisation, la transmission, la manipulation et la consultation de fichiers audio et vidéo, de données et de textes sur des dispositifs électroniques numériques portatifs et de poche; accessoires électroniques et mécaniques ainsi que logiciels pour dispositifs électroniques numériques portatifs et de poche destinés à l'enregistrement, l'organisation, la transmission, la manipulation et la consultation de fichiers audio et vidéo, d'images, de données et de textes; stations d'accueil; pieds; chargeurs de batteries; bloc-piles; adaptateurs, câbles, fils et raccords électriques; télécommandes filaires ou sans fil; écouteurs et casques d'écoute; stations de base munies de hauts-parleurs et amplificateurs stéréophoniques; adaptateurs stéréophoniques d'automobiles; enregistreurs audio; récepteurs de radio; radioémetteurs; balayeurs d'images; visualiseurs vidéo; lecteurs de supports; logiciels d'application pour l'enregistrement et l'organisation de calendriers et d'emplois du temps, de listes d'aide-mémoire et d'informations de contacts; ludiciels; logiciels dotés de fonctions d'horloge et de réveil; sacs, sachets et étuis de transport, tous destinés à des dispositifs électroniques numériques portatifs et de poche pour l'enregistrement, l'organisation, la transmission, la manipulation et la consultation de fichiers audio et vidéo, d'images, de données et de textes. »

Donc, exit le pictogramme sur les housses pour iPod, les périphériques, les stations d’accueil avec ou sans haut-parleurs ou tout autre support ayant de près ou de loin à faire avec lui.

Certes, du point de vue d’Apple nous sommes dans la continuité de la logique de protection mise en place autour du iPod qui a culminé avec la restriction de l’usage du label « Made for iPod » aux seuls fabricants d’accessoires ayant dûment payé leur dîme (hum, une phrase avec deux circonflexes… pas mal). Mais du point de vue de l’OMPI (Organisation Mondiale de la Propriété Intellectuelle), ne sommes nous pas entrain de toucher du doigt la limite du système en permettant de protéger une figure aussi stylisée ?

Heureusement que la protection des marques n’existe pas depuis l’age de la pierre, à l’heure actuelle nous n’aurions plus beaucoup de liberté…

vendredi, janvier 13

Big Apple is watching you

Alors là, chapeau. Les petits gars d’Apple font très fort. Le 12 janvier 2006, donc hier, a été publié la demande de brevet US 20060007222 (déposée le 21 juin 2004) revendiquant l’intégration d’une caméra dans un écran.

Non, non, pas dans le cadre d’un écran (comme l’iMac), mais DANS un écran. Oui, c’est le même périphérique qui affiche l’image et qui la capture.

Sur ce schéma, l’on aperçoit les capteurs (305) intégrés entre les lignes de pixels (315 et 320)

Sur celui-ci, les capteurs (330) sont intercalés entre deux pixels (335)


Les revendications de la demande mentionnent des applications dans un appareil de communication portable, un PDA, un téléphone, un écran d’ordinateur, de télévision, ou un « medical device » (par exemple un outil chirurgical).

Alors bien évidemment, l’avantage principal est de pouvoir enfin regarder son correspondant dans les yeux lors d’un Chat (fini ces conversations entre autistes qui regardent ailleurs quand ils se parlent). Mais les applications parallèles sont nombreuses. Les pixels peuvent être utilisés comme source d’illumination, par exemple pour une sonde médicale capable de diffuser la lumière et de capter l’image simultanément (actuellement réalisés aux moyens de fibres optiques). On peut aussi penser à des systèmes de surveillance discrets… ceux qui ont lu 1984 sauront de quoi je parle...

Bon, maintenant, comme la demande de brevet date de 2004, rien ne nous empêche de penser que cette technologie est déjà en place dans votre Mac… donc si vous lisez ce blog en petite tenue, souriez : Steve is (maybe) watching you !

vendredi, janvier 6

Une nouvelle application pro ?

Publiée le 29 décembre dernier, la demande de brevet US 20050285965 est pour le moins curieuse. Sous le titre « User-Interface Design », ce document décrit une nouvelle façon de designer une interface utilisateur.

Le problème que cherchent à résoudre Marc Zimmer, Peter Graffagnino et Bas Ording (crédités comme inventeurs) est celui des éléments d’interface graphiques ayant été conçus pour une résolution donnée (ex : 75 ou 100 dpi) et affichés par l’utilisateur dans une autre résolution (ex : 120 ou 250 dpi) en raison de réglages particuliers de son moniteur.

L’idée est la suivante :

A) Le designer dessine les éléments de l’interface en leur donnant une série d’attributs (ombre portée, highlight, …) pour différentes résolutions. Ces objets et leurs attributs sont inscrits dans un fichier « recette ».

B) L’utilisateur, lorsqu’il va utiliser (ben oui, c’est pour ça qu’il s’appel « l’utilisateur ») l’interface, va interpréter « à la volée » le contenu de la recette au moyen d’un logiciel de rendu qui va lui retourner les éléments de l’interface sous la forme d’images bipmap. Le schéma ci-dessous le démontre.


Mais alors, me direz-vous, quel est ce logiciel permettant de designer de la sorte une interface « autofocus » ?

Ben, à ma connaissance il n’existe pas encore. Mais la demande de brevet en donne des captures d’écrans ! Et ça ressemble bougrement à ce que l’on voit dans les logiciels « Pros » de la Pomme (Final Cut, DVD Studio, etc…).

L’image ci-dessous présente la définition d’un bouton. La partie 410 montre le bouton pour les différentes résolutions et la 425 permet de modifier ses attributs.

Quelques exemples de paramètres :


Alors, un nouveau soft « Pro » à l’horizon ?