samedi, décembre 31

Diversification en vue ?

Dans la Gazette OMPI des marques internationales publiée le 29 décembre 2005 (je vous rappelle que les marques font partie intégrante de la propriété intellectuelle et ont donc leur place dans MacBrains), se trouvent deux entrées pour l’entreprise Apple Computer.



La première entrée se trouve être la protection de l’icône d’iTunes en tant que logo…











La deuxième entrée constitue une extension de la protection du logo d’Apple (la pomme croquée) aux domaines suivants :

  • Articles de bijouterie (Montres, boutons de manchettes, broches, colliers, …)

  • Publications et produits imprimés (Livres, catalogues, revues, stylo, crayons, …)

  • Mallettes (Attachés-cases, étuis à cartes de visite, sacs, portefeuilles, parapluies, …)

  • Chaussures, chapellerie, chemises, tee-shirts, slips, bavoirs, bretelles, lingerie, chaussons de chalet, déguisements d’Halloween (je vous jure que c’est écrit !), …

Des produits dérivés étant déjà en vente dans les Apple Stores, il s’agit vraisemblablement pour Apple de se mettre à l’abri d’éventuels contrefacteurs.

Pour ma part, vous me mettrez une paire de bretelles et un slip kangourou !

dimanche, décembre 25

Un petit dernier pour la route

Et voilà. 2005 se termine déjà. Le temps pour moi de faire un premier bilan sur « MacBrains » avant de partir manger de la poudreuse. Premier constat, tenir un blog prend du temps. Beaucoup. Surtout lorsque le sujet en est les brevets et que cela nécessite de lire au préalable de nombreux documents. Dans ces conditions, seul le fait de consulter les statistiques du site permet de se dire que l’on ne fait pas tout ça pour rien et qu’à l’autre bout d’Internet, il y a des gens qui lisent et, visiblement, apprécient ma prose.

Quelques chiffres ?

Allez, hop, séquence « autocélébration » :

  • MacBrains est né le mardi 26 juillet 2005, soit il y a 5 mois.

  • 31 posts ont été mis en lignes.

  • Le site a enregistré plus de 7500 visites durant ce laps de temps, soit environ 1500 par mois.

  • Le record d’affluence est toujours détenu par le post « les brevets du boss » avec 495 visites en un seul jour.

Concernant les lecteurs (c’est-à-dire vous), la mise en place de statistiques Google Analytics depuis le mois de novembre m’a permis d’en savoir un peu plus :
  • 72% des visiteurs sont des « habitués » (donc plus d’une visite), 28% sont des « nouveaux visiteurs ».

  • 77% sont français, 6% sont suisses. On trouve ensuite des visiteurs belges, anglais, espagnols, américains, canadiens, suédois et autres, soit 28 nationalités différentes.

Voilà la « photo de famille ».

Au passage, un petit bonjour aux lecteurs d’Apple Computer, basés à Cupertino. N’hésitez pas à réagir une fois ou l’autre…


  • Côté matos, vous êtes 81% à utiliser Safari, 9% Firefox et 6% IE.

  • Nous comptons 86% de visiteurs sur Mac OS et tout de même 13% sur Windows (merci les gars pour votre œcuménisme !). Ah, oui, et 0.4% sur Linux (plus encore 8 visiteurs sur des plateformes inconnues…).

Pour ce qui est de ceux qui m’envoient du trafic, nous avons 82% d’accès directs, et ensuite (par ordre de trafic généré) :
MacGeneration
Google
SVM Mac
MacDigit
Macuisineetudiante
arizona-software.ch
et d’autres que je ne vais pas nommer ici par crainte d’une liste un peu trop longue. Que tous soient remerciés pour les mentions qu’ils ont faites de mon blog.

Finalement, j’aimerais encore remercier chaleureusement tous ceux qui ont laissé un message sur MacBrains (on se croirait un peu aux Oscars, non ?) et plus spécialement aux professionnels du brevet tel Enro, vos remarques et correctifs me sont précieux, continuez !

Voilà. Si je fais le point sur ces 5 premiers mois, je suis très enthousiaste à l’idée de poursuivre ce blog. Une dernière remarque : si l’un ou l’autre d’entre vous souhaite me donner un coup de main dans l’analyse des brevets publiés (références professionnelles dans le domaine indispensables !), c’est avec plaisir que je lui ferai un peu de place sur ce blog. Pour ceux qui sont intéressés, écrivez à David Borel.

Pour tous les autres : joyeux Noël et à l’année prochaine.

vendredi, décembre 23

Faute d’erreur

Bing ! Ce matin, dans ma boîte e-mail, le message hebdomadaire me signalant les nouveaux brevets (ou demandes de brevets) déposés par Apple m’a permis d’émerger de la béatitude post-digestive dans laquelle m’ont plongés les quelques dîners de Noël que j’ai d’ores et déjà eu le plaisir d’engloutir.

Ben oui, faut dire que voir un message dans lequel on vous signale qu’Apple veut breveter la correction d’orthographe est propre à vous décoller les paupières.

Breveter la correction orthographique intégrée à un traitement de texte ? Humm, attendez, ça me dit quelque chose, ça. Ah, oui, ce ne serait pas cette fonction agaçante qui, lorsque je tape mes textes dans Word, me souligne 95% des mots en rouge ? (oui, vous avez aussi remarqué que mon orthographe est lamentable ?).

Allez, ne soyons pas vache et observons de plus près :

La demande américaine US 20050283726 propose une solution permettant la correction automatique d’orthographe dans des applications basées, entre autres, sur Internet. Le système crée un fichier de correction dans lequel toutes les erreurs sont présentées à l’aide de tags, mise en évidence ou autre. L’utilisateur peut alors effectuer les corrections dans l’ordre qu’il veut. Une méthode revendiquée consiste à passer la souris sur une erreur pour se voir présenter les corrections proposées.


Voilà un correcteur d’orthographe « classique » selon Apple (ie : faisant partie de l’état de la technique)…




…et la façon dont ça fonctionne




Voici comment Apple se propose de traiter la tâche. On passe donc d’un traitement séquentiel des erreurs à un traitement global avant correction.




Et enfin, voilà à quoi cela devrait ressembler.



C’est pas pour dire mais ça sent un peu le réchauffé, non ?

jeudi, décembre 15

Synchroniser iCal ? Du déjà vu !

Une demande de brevet mondiale concernant iCal (entre autres) est parue cette semaine. Le sujet principal de ce document (WO 2005116892) est le principe de synchronisation d’information entre plus de trois parties (Devices). Evidemment, ceci s’applique au rendez-vous d’iCal (abonnement par diffusion sur .Mac ou Rendez Vous). L’innovation,elle, se situerait, d’après Apple, dans le fait que le principe revendiqué est indépendant de l’accès à un réseau privé ou à un serveur (comme dans ces vilaines technologies, citées en mauvais exemples dans la demande de brevet, que sont Lotus, Exchange, Meeting Maker et Outlook). La « grande idée », donc, consiste à échanger un calendrier en Peer-to-Peer.

Quoi ?

Ce n’est pas transcendantal, dites-vous ?

Ben vous n’êtes pas les seuls à le penser. En effet, cette demande vient de se voir affublée d’un rapport de recherche contenant 6 X, soit 6 documents considérés comme revendiquant le même principe et donc invalidant le caractère innovant de la demande d’Apple.

Nous y trouvons :
- une demande de brevet de HP datant du 7 novembre 2002 (WO 2002089026)
- une demande d’Ericsson du 6 juin 2002 (WO 200244958)
- trois articles scientifiques publiés dans des revues IEEE en 2002 et 2003
- et une demande de brevet d’un certain M. Wollrab, datant de 2003 (US 2003045301)

Et en matière d’idée par vraiment nouvelle, là ils font fort. Jugez plutôt :
La demande d’Apple comprend 59 revendications (claims), soit 59 points détaillant l’idée.
Les 6 documents considérés comme « Prior Art » (soit « divulguant la même idée ») couvrent les revendications 1 à 59 soit la totalité des points dits « innovants ».

Généralement, un document cité comme X couvre un point, voir quelques-uns. Si votre demande de brevet se voit affublée d’un X couvrant toutes vos revendications, vous pouvez considérer que votre argent aurait été mieux investi dans un stock de faux nez que dans cette demande de brevet. Ici, il n’y a pas un document couvrant toute l’idée, mais six !

La prochaine fois, Apple ferait mieux de breveter l’eau tiède., avec un peu de chance et des fêtes de fin d’année bien arrosées chez les examinateurs des offices de brevets, ils auront plus de chance de se voir accorder un brevet…

mardi, décembre 6

Ecran Tactile Multipoint

Publiée le 1er décembre 2005, la demande de brevet WO 05114369 semble à même de lever certains doutes sur le dossier Tablet PC chez Apple, jugez plutôt:

"L'invention concerne un écran tactile doté d'un support de détection capacitif transparent, qui est configuré pour détecter les multiples contacts ou effleurements simultanés dans des endroits précis du plan de l'écran tactile, et émettre des signaux distincts représentatifs de l'endroit de contact sur le plan du panneau tactile pour chacun des contacts ou effleurements multiples."

En langage courant on appel cela un "Touch-screen". Les images sont sans ambigüité:

Image de la première page de la demande


Vue en coupe de deux types de boîtiers


La nouveauté ? La possibilité de détecter plusieurs points de contact simultanés.

Un mix entre "Tablet PC" et PDA ? Voilà qui va donner pas mal de grain à moudre aux sites de rumeurs... Le petit papa Noël va t'il mettre des "Touch-Mac" sous le sapin ?

samedi, décembre 3

Petite étude autour du design

La saison semblant être plus propice aux chutes de neige qu’aux dépôts de brevets, pourquoi ne pas mettre ce temps mort à profit pour s’intéresser un peu au passé de la Pomme, côté design cette fois, en allant au-delà de la recherche de bizarreries que je vous avais proposée dans un précédant post (Vous avez dit design).

Vous êtes bien installé, votre couverture chauffante USB branchée sur votre Mac, votre chat sur les genoux et une tasse de café fumante à portée de main ? Parfait, alors c’est parti !

Si il est un point qui, de prime abord, différentie les produits d’Apple du reste de la micro-informatique, c’est bien le design. Non pas que ce soit l’aspect le plus important des produits estampillés d’une Pomme, la qualité de l’intégration software – hardware est bien plus importante, mais disons que si vous demandez à monsieur tout le monde ce qui, pour lui, différentie les Mac des PC, il y a fort à parier qu’il vous répondra : « le prix » (biiiip, perdu ! il n’a jamais entendu parlé du Mac Mini ce bouseux, ou quoi ?) et « le design ».

Lorsqu’une entreprise accorde tant d’effort à l’apparence de ses produits, il est assez naturel qu’elle souhaite empêcher ses concurrents de les copier. Pour cela, elle bénéficie de la possibilité de déposer un modèle auprès d’un office de propriété intellectuelle. Pour se rafraîchir la mémoire sur le sujet, je ne saurais trop vous conseiller de consulter le guide PI de l’IRPI.

Bon, alors, et Apple dans tout ça ?

Quelques chiffres pour commencer (j’aime bien ça, moi, les chiffres). Apple a déposé son premier design aux USA en 1980. Depuis, elle en a déposé 282 ce qui représente une moyenne d’environ 11modèles par année.



Vous noterez au passage que le graphique ci-dessus montre bien le décalage d’environ deux ans entre le moment ou une demande de protection est effectuée et celui où elle est publiée. Ceci fait que les deux derniers chiffres (pour 2003 et 2004) donnant l’impression d’une tendance à la baisse du nombre de dépôt ne peuvent pas être analysés comme tels puisque ces documents n’ont pas encore été publiés.

La répartition par sujet est la suivante :



Hardwares
Comprenant les portables, les machines de bureau et les écrans, ce groupe représente 32% des modèles déposés, soit environ un tiers. Ceci peut sembler petit pour une entreprise qui se veut être un « constructeur d’ordinateurs ».

Périphériques
Regroupant les imprimantes, le iPod et les autres périphériques (claviers, souris, micro, caméras, …), ce groupe représente 20% du total des modèles déposés.

Interfaces
L’on retrouve ici tous les éléments graphiques des divers interfaces logiciels qui sont protégés par Apple (icônes, ascenseurs, fenêtres, boutons, …). Ce groupe représente 33% de tous les modèles déposés par Apple depuis 1980.

Autres
Sont classés dans ce groupe tous les trucs et machins bizarroïdes n’entrant pas dans les quatre autres catégories (escaliers, tables, adaptateurs secteur, pieds d’écran et autres). Ceci représente tout de même environ 16% du total (oui, je sais que si on additionne tous ces chiffres on arrive à 101%… merci à Excel et à ses arrondis si… poétiques).


Oui, vous aviez bien lu, Apple a déposé le design d’une table…



Il est dès lors intéressant de se pencher sur l’évolution de ces différents groupes et, par extension, d’en tirer quelques conclusions (forcément subjectives, hâtives, ou tout autre adjectif en « ives » pouvant servir à dénigrer ma perception personnelle de ces chiffres).

Pour cela, j’ai réalisé le graphique suivant : pour chaque année, le graphique reprend pour chaque groupe le nombre total de modèles depuis 1980 exprimé en % de tous les modèles déposés entre 1980 et cette année (pour ceux qui n’ont rien compris à mon explication, vous pouvez sans autres m’envoyer des e-mails d’insultes, je les mérite). Voilà ce que ça donne :



De 1980 à 1982, Apple a donc exclusivement protégé ses machines. D’ailleurs ils n’avaient pas grand chose d’autre à protéger. Petite curiosité, 1980 a vu le dépôt du design du Macintosh Portable qui ne sera commercialisé qu’à partir de 1989.


Le modèle tel que déposé en 1980



L’importance du design du hardware dans le patrimoine d’Apple n’a alors cessé de décroître pour ne plus représenter que 62% du total en 1990 et 32% en 2004.

Dès 1983, la Pomme s’est mise à créer des périphériques dont le design fut jugé suffisamment innovant pour faire l’objet d’une protection en règle. Si l’importance des périphériques est resté stable (autour de 20% du total depuis 1985) dans le patrimoine « design » d’Apple, le type de périphérique, lui, a connu des changements assez drastiques. De 1984 à 1996, la Pomme a déposé pas moins de 14 modèles d’imprimantes. Depuis lors, plus rien. La relève fut assurée, dès 2001, par la protection du iPod et de ses accessoires (11 modèles de 2001 à 2004). Le fonds de commerce des « autres périphériques » a permis de maintenir la proportion entre 1996 et 2001 (claviers, souris, …).

1992 a marqué l’entrée du design de l’interface dans le portefeuille de la Propriété Intellectuelle d’Apple. Ce sujet a constitué environ 10% du total de 1992 à 1997 et connu une brusque croissance en 1998, année où la Pomme déposa pas moins de 26 modèles, couvrant ainsi la majeure partie de l’interface OS 9, ce qui porta la part de ce sujet de 14% à 26% du total. Par la suite, la protection progressive de l’interface d’OS X a conduit les interfaces à représenter un tiers du total de tous les designs déposés depuis 1980.

Au final, la composition du patrimoine « design » d’Apple reflète assez bien ce qu’elle est devenue : un équilibre entre hardware et software, fortement appuyé par des périphériques à l’esthétique affirmée.