samedi, décembre 31

Diversification en vue ?

Dans la Gazette OMPI des marques internationales publiée le 29 décembre 2005 (je vous rappelle que les marques font partie intégrante de la propriété intellectuelle et ont donc leur place dans MacBrains), se trouvent deux entrées pour l’entreprise Apple Computer.



La première entrée se trouve être la protection de l’icône d’iTunes en tant que logo…











La deuxième entrée constitue une extension de la protection du logo d’Apple (la pomme croquée) aux domaines suivants :

  • Articles de bijouterie (Montres, boutons de manchettes, broches, colliers, …)

  • Publications et produits imprimés (Livres, catalogues, revues, stylo, crayons, …)

  • Mallettes (Attachés-cases, étuis à cartes de visite, sacs, portefeuilles, parapluies, …)

  • Chaussures, chapellerie, chemises, tee-shirts, slips, bavoirs, bretelles, lingerie, chaussons de chalet, déguisements d’Halloween (je vous jure que c’est écrit !), …

Des produits dérivés étant déjà en vente dans les Apple Stores, il s’agit vraisemblablement pour Apple de se mettre à l’abri d’éventuels contrefacteurs.

Pour ma part, vous me mettrez une paire de bretelles et un slip kangourou !

dimanche, décembre 25

Un petit dernier pour la route

Et voilà. 2005 se termine déjà. Le temps pour moi de faire un premier bilan sur « MacBrains » avant de partir manger de la poudreuse. Premier constat, tenir un blog prend du temps. Beaucoup. Surtout lorsque le sujet en est les brevets et que cela nécessite de lire au préalable de nombreux documents. Dans ces conditions, seul le fait de consulter les statistiques du site permet de se dire que l’on ne fait pas tout ça pour rien et qu’à l’autre bout d’Internet, il y a des gens qui lisent et, visiblement, apprécient ma prose.

Quelques chiffres ?

Allez, hop, séquence « autocélébration » :

  • MacBrains est né le mardi 26 juillet 2005, soit il y a 5 mois.

  • 31 posts ont été mis en lignes.

  • Le site a enregistré plus de 7500 visites durant ce laps de temps, soit environ 1500 par mois.

  • Le record d’affluence est toujours détenu par le post « les brevets du boss » avec 495 visites en un seul jour.

Concernant les lecteurs (c’est-à-dire vous), la mise en place de statistiques Google Analytics depuis le mois de novembre m’a permis d’en savoir un peu plus :
  • 72% des visiteurs sont des « habitués » (donc plus d’une visite), 28% sont des « nouveaux visiteurs ».

  • 77% sont français, 6% sont suisses. On trouve ensuite des visiteurs belges, anglais, espagnols, américains, canadiens, suédois et autres, soit 28 nationalités différentes.

Voilà la « photo de famille ».

Au passage, un petit bonjour aux lecteurs d’Apple Computer, basés à Cupertino. N’hésitez pas à réagir une fois ou l’autre…


  • Côté matos, vous êtes 81% à utiliser Safari, 9% Firefox et 6% IE.

  • Nous comptons 86% de visiteurs sur Mac OS et tout de même 13% sur Windows (merci les gars pour votre œcuménisme !). Ah, oui, et 0.4% sur Linux (plus encore 8 visiteurs sur des plateformes inconnues…).

Pour ce qui est de ceux qui m’envoient du trafic, nous avons 82% d’accès directs, et ensuite (par ordre de trafic généré) :
MacGeneration
Google
SVM Mac
MacDigit
Macuisineetudiante
arizona-software.ch
et d’autres que je ne vais pas nommer ici par crainte d’une liste un peu trop longue. Que tous soient remerciés pour les mentions qu’ils ont faites de mon blog.

Finalement, j’aimerais encore remercier chaleureusement tous ceux qui ont laissé un message sur MacBrains (on se croirait un peu aux Oscars, non ?) et plus spécialement aux professionnels du brevet tel Enro, vos remarques et correctifs me sont précieux, continuez !

Voilà. Si je fais le point sur ces 5 premiers mois, je suis très enthousiaste à l’idée de poursuivre ce blog. Une dernière remarque : si l’un ou l’autre d’entre vous souhaite me donner un coup de main dans l’analyse des brevets publiés (références professionnelles dans le domaine indispensables !), c’est avec plaisir que je lui ferai un peu de place sur ce blog. Pour ceux qui sont intéressés, écrivez à David Borel.

Pour tous les autres : joyeux Noël et à l’année prochaine.

vendredi, décembre 23

Faute d’erreur

Bing ! Ce matin, dans ma boîte e-mail, le message hebdomadaire me signalant les nouveaux brevets (ou demandes de brevets) déposés par Apple m’a permis d’émerger de la béatitude post-digestive dans laquelle m’ont plongés les quelques dîners de Noël que j’ai d’ores et déjà eu le plaisir d’engloutir.

Ben oui, faut dire que voir un message dans lequel on vous signale qu’Apple veut breveter la correction d’orthographe est propre à vous décoller les paupières.

Breveter la correction orthographique intégrée à un traitement de texte ? Humm, attendez, ça me dit quelque chose, ça. Ah, oui, ce ne serait pas cette fonction agaçante qui, lorsque je tape mes textes dans Word, me souligne 95% des mots en rouge ? (oui, vous avez aussi remarqué que mon orthographe est lamentable ?).

Allez, ne soyons pas vache et observons de plus près :

La demande américaine US 20050283726 propose une solution permettant la correction automatique d’orthographe dans des applications basées, entre autres, sur Internet. Le système crée un fichier de correction dans lequel toutes les erreurs sont présentées à l’aide de tags, mise en évidence ou autre. L’utilisateur peut alors effectuer les corrections dans l’ordre qu’il veut. Une méthode revendiquée consiste à passer la souris sur une erreur pour se voir présenter les corrections proposées.


Voilà un correcteur d’orthographe « classique » selon Apple (ie : faisant partie de l’état de la technique)…




…et la façon dont ça fonctionne




Voici comment Apple se propose de traiter la tâche. On passe donc d’un traitement séquentiel des erreurs à un traitement global avant correction.




Et enfin, voilà à quoi cela devrait ressembler.



C’est pas pour dire mais ça sent un peu le réchauffé, non ?

jeudi, décembre 15

Synchroniser iCal ? Du déjà vu !

Une demande de brevet mondiale concernant iCal (entre autres) est parue cette semaine. Le sujet principal de ce document (WO 2005116892) est le principe de synchronisation d’information entre plus de trois parties (Devices). Evidemment, ceci s’applique au rendez-vous d’iCal (abonnement par diffusion sur .Mac ou Rendez Vous). L’innovation,elle, se situerait, d’après Apple, dans le fait que le principe revendiqué est indépendant de l’accès à un réseau privé ou à un serveur (comme dans ces vilaines technologies, citées en mauvais exemples dans la demande de brevet, que sont Lotus, Exchange, Meeting Maker et Outlook). La « grande idée », donc, consiste à échanger un calendrier en Peer-to-Peer.

Quoi ?

Ce n’est pas transcendantal, dites-vous ?

Ben vous n’êtes pas les seuls à le penser. En effet, cette demande vient de se voir affublée d’un rapport de recherche contenant 6 X, soit 6 documents considérés comme revendiquant le même principe et donc invalidant le caractère innovant de la demande d’Apple.

Nous y trouvons :
- une demande de brevet de HP datant du 7 novembre 2002 (WO 2002089026)
- une demande d’Ericsson du 6 juin 2002 (WO 200244958)
- trois articles scientifiques publiés dans des revues IEEE en 2002 et 2003
- et une demande de brevet d’un certain M. Wollrab, datant de 2003 (US 2003045301)

Et en matière d’idée par vraiment nouvelle, là ils font fort. Jugez plutôt :
La demande d’Apple comprend 59 revendications (claims), soit 59 points détaillant l’idée.
Les 6 documents considérés comme « Prior Art » (soit « divulguant la même idée ») couvrent les revendications 1 à 59 soit la totalité des points dits « innovants ».

Généralement, un document cité comme X couvre un point, voir quelques-uns. Si votre demande de brevet se voit affublée d’un X couvrant toutes vos revendications, vous pouvez considérer que votre argent aurait été mieux investi dans un stock de faux nez que dans cette demande de brevet. Ici, il n’y a pas un document couvrant toute l’idée, mais six !

La prochaine fois, Apple ferait mieux de breveter l’eau tiède., avec un peu de chance et des fêtes de fin d’année bien arrosées chez les examinateurs des offices de brevets, ils auront plus de chance de se voir accorder un brevet…

mardi, décembre 6

Ecran Tactile Multipoint

Publiée le 1er décembre 2005, la demande de brevet WO 05114369 semble à même de lever certains doutes sur le dossier Tablet PC chez Apple, jugez plutôt:

"L'invention concerne un écran tactile doté d'un support de détection capacitif transparent, qui est configuré pour détecter les multiples contacts ou effleurements simultanés dans des endroits précis du plan de l'écran tactile, et émettre des signaux distincts représentatifs de l'endroit de contact sur le plan du panneau tactile pour chacun des contacts ou effleurements multiples."

En langage courant on appel cela un "Touch-screen". Les images sont sans ambigüité:

Image de la première page de la demande


Vue en coupe de deux types de boîtiers


La nouveauté ? La possibilité de détecter plusieurs points de contact simultanés.

Un mix entre "Tablet PC" et PDA ? Voilà qui va donner pas mal de grain à moudre aux sites de rumeurs... Le petit papa Noël va t'il mettre des "Touch-Mac" sous le sapin ?

samedi, décembre 3

Petite étude autour du design

La saison semblant être plus propice aux chutes de neige qu’aux dépôts de brevets, pourquoi ne pas mettre ce temps mort à profit pour s’intéresser un peu au passé de la Pomme, côté design cette fois, en allant au-delà de la recherche de bizarreries que je vous avais proposée dans un précédant post (Vous avez dit design).

Vous êtes bien installé, votre couverture chauffante USB branchée sur votre Mac, votre chat sur les genoux et une tasse de café fumante à portée de main ? Parfait, alors c’est parti !

Si il est un point qui, de prime abord, différentie les produits d’Apple du reste de la micro-informatique, c’est bien le design. Non pas que ce soit l’aspect le plus important des produits estampillés d’une Pomme, la qualité de l’intégration software – hardware est bien plus importante, mais disons que si vous demandez à monsieur tout le monde ce qui, pour lui, différentie les Mac des PC, il y a fort à parier qu’il vous répondra : « le prix » (biiiip, perdu ! il n’a jamais entendu parlé du Mac Mini ce bouseux, ou quoi ?) et « le design ».

Lorsqu’une entreprise accorde tant d’effort à l’apparence de ses produits, il est assez naturel qu’elle souhaite empêcher ses concurrents de les copier. Pour cela, elle bénéficie de la possibilité de déposer un modèle auprès d’un office de propriété intellectuelle. Pour se rafraîchir la mémoire sur le sujet, je ne saurais trop vous conseiller de consulter le guide PI de l’IRPI.

Bon, alors, et Apple dans tout ça ?

Quelques chiffres pour commencer (j’aime bien ça, moi, les chiffres). Apple a déposé son premier design aux USA en 1980. Depuis, elle en a déposé 282 ce qui représente une moyenne d’environ 11modèles par année.



Vous noterez au passage que le graphique ci-dessus montre bien le décalage d’environ deux ans entre le moment ou une demande de protection est effectuée et celui où elle est publiée. Ceci fait que les deux derniers chiffres (pour 2003 et 2004) donnant l’impression d’une tendance à la baisse du nombre de dépôt ne peuvent pas être analysés comme tels puisque ces documents n’ont pas encore été publiés.

La répartition par sujet est la suivante :



Hardwares
Comprenant les portables, les machines de bureau et les écrans, ce groupe représente 32% des modèles déposés, soit environ un tiers. Ceci peut sembler petit pour une entreprise qui se veut être un « constructeur d’ordinateurs ».

Périphériques
Regroupant les imprimantes, le iPod et les autres périphériques (claviers, souris, micro, caméras, …), ce groupe représente 20% du total des modèles déposés.

Interfaces
L’on retrouve ici tous les éléments graphiques des divers interfaces logiciels qui sont protégés par Apple (icônes, ascenseurs, fenêtres, boutons, …). Ce groupe représente 33% de tous les modèles déposés par Apple depuis 1980.

Autres
Sont classés dans ce groupe tous les trucs et machins bizarroïdes n’entrant pas dans les quatre autres catégories (escaliers, tables, adaptateurs secteur, pieds d’écran et autres). Ceci représente tout de même environ 16% du total (oui, je sais que si on additionne tous ces chiffres on arrive à 101%… merci à Excel et à ses arrondis si… poétiques).


Oui, vous aviez bien lu, Apple a déposé le design d’une table…



Il est dès lors intéressant de se pencher sur l’évolution de ces différents groupes et, par extension, d’en tirer quelques conclusions (forcément subjectives, hâtives, ou tout autre adjectif en « ives » pouvant servir à dénigrer ma perception personnelle de ces chiffres).

Pour cela, j’ai réalisé le graphique suivant : pour chaque année, le graphique reprend pour chaque groupe le nombre total de modèles depuis 1980 exprimé en % de tous les modèles déposés entre 1980 et cette année (pour ceux qui n’ont rien compris à mon explication, vous pouvez sans autres m’envoyer des e-mails d’insultes, je les mérite). Voilà ce que ça donne :



De 1980 à 1982, Apple a donc exclusivement protégé ses machines. D’ailleurs ils n’avaient pas grand chose d’autre à protéger. Petite curiosité, 1980 a vu le dépôt du design du Macintosh Portable qui ne sera commercialisé qu’à partir de 1989.


Le modèle tel que déposé en 1980



L’importance du design du hardware dans le patrimoine d’Apple n’a alors cessé de décroître pour ne plus représenter que 62% du total en 1990 et 32% en 2004.

Dès 1983, la Pomme s’est mise à créer des périphériques dont le design fut jugé suffisamment innovant pour faire l’objet d’une protection en règle. Si l’importance des périphériques est resté stable (autour de 20% du total depuis 1985) dans le patrimoine « design » d’Apple, le type de périphérique, lui, a connu des changements assez drastiques. De 1984 à 1996, la Pomme a déposé pas moins de 14 modèles d’imprimantes. Depuis lors, plus rien. La relève fut assurée, dès 2001, par la protection du iPod et de ses accessoires (11 modèles de 2001 à 2004). Le fonds de commerce des « autres périphériques » a permis de maintenir la proportion entre 1996 et 2001 (claviers, souris, …).

1992 a marqué l’entrée du design de l’interface dans le portefeuille de la Propriété Intellectuelle d’Apple. Ce sujet a constitué environ 10% du total de 1992 à 1997 et connu une brusque croissance en 1998, année où la Pomme déposa pas moins de 26 modèles, couvrant ainsi la majeure partie de l’interface OS 9, ce qui porta la part de ce sujet de 14% à 26% du total. Par la suite, la protection progressive de l’interface d’OS X a conduit les interfaces à représenter un tiers du total de tous les designs déposés depuis 1980.

Au final, la composition du patrimoine « design » d’Apple reflète assez bien ce qu’elle est devenue : un équilibre entre hardware et software, fortement appuyé par des périphériques à l’esthétique affirmée.

samedi, novembre 19

I’m back

Voilà, après une semaine passée à Budapest pour le congrès annuel de l’Office Européen des Brevets (OEB), je retrouve mon clavier (blanc) préféré. Oui, je sais. Le sujet de ce blog est « Apple et la propriété intellectuelle », j’ai promis de ne pas vous parler de moi, de mes chats, ni de m’auto psychanalyser.

Mais…

Je pense que mon périple hongrois est une bonne occasion de vous faire découvrir un aspect de la PI (Propriété Intellectuelle) trop souvent ignoré en Europe, même si on ne parlera pas directement d’Apple ici (quoi que).

Côté congrès, pas grand-chose qui soit susceptible de vous intéresser. Dans le domaine des professionnels de l’information brevet, un peu comme dans tous les autres secteurs industriels, la tendance est au regroupement des acteurs. Les gros bouffent les petits et tout est pour le mieux dans le meilleur des mondes (Thomson, le Microsoft de l’information et des bases de données, a racheté Micropatent, Questel a racheté Edital et DigiPat, … mais là je vous ennuie, alors j’arrête). Un espoir tout de même, de plus en plus d’informations sont accessibles gratuitement grâce aux offices de brevet nationaux et supranationaux (le service OPS de l‘OEB permettant de développer des services web à partir de ses données en XML, par exemple).

Bon, là où je voulais en venir c’est à la découverte d’une réalité qu’il m’a été donné de faire quant à l’usage du brevet aux USA. Ben oui, jusqu’ici je pensais naïvement que le brevet et son usage pouvaient être interprété de la même façon d’un côté de l’Atlantique ou de l’autre (mon travaille consiste à rechercher des brevets, pas à en déposer).

Naïf, va !

Durant ce congrès, j’ai fait la rencontre d’un type hors norme. Un avocat québécois travaillant aux USA et spécialisé dans les brevets. Déjà là, ça met la puce à l’oreille. Un avocat spécialisé dans les brevets… par chez nous on parle plutôt d’agent de brevet…

Je vous livre ci-après sa vision de l’usage du brevet:

Aux USA le brevet est, outre sa fonction de protection bien connue, une arme économique très puissante. Il existe alors deux types de brevets :

Le brevet classique
Bien construit et bien écrit, son but est d’assurer la protection d’une invention. Ce type de brevet coûte cher, mais procure une bonne force de frappe défensive, pour autant que l’on ai les moyens de se payer des avocats en cas de litige.

Le brevet offensif
Ecrit à la « va-vite » et sans réel but de protection, il a pour principal objectif de permettre une attaque face à un concurrent possédant des brevets ou produits similaire aux siens. Ce type de brevet est « bon marché » et écrit de façon à couvrir un champ très large. Evidemment, il ne sera que très rarement accordé par l’Office américain des brevets, mais là n’est de toute façon pas le but. Un exemple ?

Disons que vous êtes un fabricant de valises. Votre concurrent vient de déposer une demande de brevet sur les valises à roulettes, ce qui lui donne un avantage non négligeable en matière d’innovation. Et bien la stratégie va consister à étudier son brevet et à identifier tous les points où l’on pourrait faire quelque chose de différent. Vous déposez alors un maximum de brevet afin de « miner le terrain » tout autour du brevet de votre concurrent (valise à roulettes avec poignée extensible, avec fermeture éclaire, rouge, bleue, …). Votre concurrent ne peut alors plus développer son produit sans tomber sur une de vos demandes de brevet. Il n’a plus d’autre choix que de négocier avec vous. Bien sûr, vos propres demandes seront rejetées, mais il existe tout un tas de moyens de prolonger leur durée de vie (correction, re-demande, re-correction, etc…). Un autre avantage de ce type de procédé est qu’il permet d’inscrire « patent pending » sur vos produits aussi longtemps que votre demande n’est pas définitivement rejetée. Beaucoup de demandes de brevets US n’ont pas d’autre but que ce dernier. De toute façon, lorsque le rejet final intervient (plusieurs années après la demande si l’on est habile à jouer de la correction), votre produit risque bien de ne plus figuré dans votre catalogue…

Avec cet éclairage particulier (les procédures européennes et les tribunaux du vieux continent ne permettent que difficilement de telles pratiques), l’on voit bien qu’il s’agit de relativiser toutes annonces du type « Untel posséderait une demande de brevet sur l’interface de l’iPod ». Il ne s’agit bien souvent que d’une manœuvre tactique destinée à amener le concurrent à la table des négociations.

dimanche, novembre 6

Petite semaine coté brevet

Pas grand-chose de croustillant à se mettre sous la dent cette semaine. Un dépôt de marque au niveau mondial (la marque XGRID pour la mise en commun de ressources de calcul en vue de créer un super-ordinateur en réseau) et 8 demandes de brevets. Petit tour d'horizon (non-exhaustif):

Deux demandes de brevet concernent les systèmes de stockage (US 20050240743 "Méthode d'accès à un système de stockage de données" et US 20050240742 "Amélioration des performances d'un système de stockage de données").La technique décrite a pour but d'éviter les accès "lents" aux données en détectant, corrigeant et évitant les délais d'accès. Ceci est effectué en détectant lorsqu'un délai acceptable est passé sans avoir pu accéder aux données et en mettant alors en oeuvre un autre moyen d'accès. Y sont aussi décrites des mesures de prévention telles que réécriture des données posant problème sur la même section du disque ou un « remapping » de la section posant problème sur une autre section du disque.

Nous trouvons ensuite un système de codage vidéo offrant deux niveaux de codage (WO 05104562). Un premier niveau pour représenter une séquence vidéo source de petite dimension, par exemple d'une taille suffisante pour supporter les caractéristiques de lecture et d'affichage en temps réel d'une application de montage vidéo, et un deuxième niveau permettant, lorsqu'il est décodé avec le premier, la lecture en grand format (une nouvelle fonctionnalité pour iMovie ou Final Cut ?).

Deux demandes côté musiques: une revendiquant la création de listes de lecture intelligentes dans iTunes (US 20050240661 "Method and system for configurable automatic media selection") et une autre pour le partage de playlists (US 20050240494). Cette dernière décrit une méthode consistant à uploader une playlist afin de la mettre à disposition d'un ou plusieurs utilisateurs qui peuvent ensuite acheter les titres sur un magasin en ligne (heuu... l'ITMS au hasard ?).

Bref, rien de bien folichons et surtout du connu... une petite semaine côté brevet, en somme.

Je profite de ce Post pour signaler aux fervents lecteurs de MacBrains qu'il n'y aura pas de mise à jour la semaine prochaine. Je serai en effet à Budapest pour la conférence annuelle EPIDOS de l'Office Européen des Brevets. Bonne semaine à tous, donc.

mardi, octobre 25

Un génie très discret

Si on vous demande de citer le nom d’une figure emblématique d’Apple, vous répondrez à coup sûr « Steve Jobs ». Peut-être que certains d’entre vous risqueront un petit « Wozniak ». Ce qui est certain c’est que vous ne répondrez pas «Stephen Capps ».

Et pourtant.

Steve Jobs est certainement l’homme le plus médiatique d’Apple (seul quelqu’un ayant vécu en ermite ces dix dernières années ne saurait reconnaître ce fait) et a eu une action prépondérante dans les orientations de développement de celle-ci. Mais, car il y a un mais, si Jobs est l’instigateur des grandes idées, ceux qui les réalisent en pratique restent dans l’ombre de la Pomme.

Stephen Capps, donc, est l’un de ces hommes de l’ombre. Cerveau génial et plein de pépins, il est l’ingénieur d’Apple dont le nom apparaît sur le plus grand nombre de demandes de brevet. Ce brave inconnu du grand publique figure sur pas moins de 53 brevets accordés dont 47 pour Apple (aux USA) !

Faisant partie des anciens d’Apple (débauché de chez Xerox), il travailla d’abord sur le Lisa puis passa au team Mac. Il co-écrit le Finder initial avec Bruce Horn puis quitte Apple en 1985 pour fonder sa propre compagnie de création de software, dédiée au domaine musical. Il revient chez la Pomme en 1987 où fut un des principaux architectes du Newton, l’un des premier PDA du marché (en 1993) et un flop notoire. 3 ans après il quitte Apple pour… Microsoft. Il finit par quitter aussi Microsoft, avouant dans une interview publiée en 2003 que le principal problème à Redmont est que la mise sur le marché des produits est une question de deadline et non de finition (hum, brillant comme réflexion). Désormais, Stephen Capps travaille dans sa nouvelle société Onedoto (prononcer « 1.0 ») et se permet quelques critiques acerbes sur OSX (« un peu ennuyeux », à son avis).

Voilà pour le parcours général. Le détail maintenant.

Le premier brevet accordé à Apple sur lequel figure le nom de Capps se trouve être directement lié au Newton puisqu’il s’agit d’une méthode permettant de manipuler des objets sur un écran (rotation, agrandissement, …). La demande a été remplie en 1992 et le brevet accordé le 6 septembre 1994 (US 5345543)


Voilà une image qui doit être familière à pas mal d’utilisateurs de PDA…



On trouve ensuite un correcteur de mots (US 5367453, déposé en 1993 et accordé en 1994), une série de brevets liés à l’usage d’un stilet comme outil de manipulation de l’interface d’un PDA (US5390281, US5398310 , US5404442, US5446882, …) et tout un tas d’inventions liées aux agendas électroniques (liste complète ici).

Mais là où Stephen Capps a rendu service à chacun de nous (je suis sûr que vous aussi), c’est en inventant le concept de highlight de texte en vue de sa manipulation (Cut, copy, past, …US 5442742, demande 1993, accordé en 1995).

Quand on vous dit que ce type est un génie… Pensez donc à lui lors de votre prochain Pomme-C / Pomme-V…

mercredi, octobre 19

Plus fort que la télécommande pour iPod : l’iPod-télécommande

Une fois n’est pas coutume, ce n’est pas d’un brevet d’Apple dont je vais vous parler. La demande US 6931231, portant le titre « Infrared generator from audio signal source » appartient à la société Griffin Technologies, grande fournisseuse d’accessoires pour iPod (oui, vous savez, ceux qui m’ont mis la honte avec leur support porte-gobelet…). Et bien figurez-vous que cette demande de brevet, déposée en 2002 et publiée le 16.08.2005, se trouve être en résonance avec l’actualité d’Apple. En effet, à l’heure où Apple présente une télécommande pour iPod / iMac, Griffin invente un adaptateur infrarouge capable de transformer n’importe quelle source audio en télécommande (sans entrer dans les détails, l'adaptateur utilise la différences entre le signal audio de gauche et celui de droite pour générer différents signaux de commande infrarouge).

Griffin… accessoires pour iPod… adaptateur infrarouge pour source audio… Vous y êtes ?

Et oui, nous avons là la capacité de transformer un iPod en télécommande. Avouez que c’est amusant, Apple sort une télécommande en forme d’iPod Shuffle et quasi au même moment une demande de brevet permettant d’utiliser un vrai iPod comme télécommande est publiée… bang, comme dirait Steve.

Image tirée de la demande US 6931231

samedi, octobre 15

Apple-Microsoft : La guerre des brevets n’aura pas lieu

Ces derniers temps, les sites dédiés au monde Mac ont passablement parlé de brevets, notamment durant l’épisode de l’interface du iPod (voir : Apple vs John Platt). Mais quelle est la réalité derrière toute cette agitation ? Y a-t-il réellement une guerre des brevets entre Apple et Microsoft ? Depuis quand ? Sur quels sujets ?

Pour trouver un début de réponse, plantons le décor du champ de bataille et enfonçons au passage quelques idées reçues.

Combien de brevets Apple possède-t’il ?

Si l’on se limite au nombre d’inventions brevetées (une seule demande de brevet par invention, sachant qu’une invention peut donner lieu à plusieurs demandes selon les pays dans lesquels on souhaite la protéger) par Apple depuis 1978, la Pomme se trouvait en possession de 1643 brevets (ou demandes) au 31 décembre 2004. Globalement, ceci représente une moyenne de 63 demandes de brevet publiées par année. Ce nombre a nettement progressé dans les années 90, passant de 23 en 1990 à 191 en 1998 (+ 730% en 8 ans !!!). Chose étonnante, le nombre de demandes publiées a ensuite chuté pour se stabiliser autour de 100 au début 2000.


Graphique du nombre de demandes de brevet publiées annuellement par Apple (un seul document par invention, il existe un important décalage temporelle entre le moment où la demande est déposée et celui de sa publication)


Combien de brevets Microsoft possède-t’il ?

Maintenant que la « puissance de feu » d’Apple est connue, qu’en est-il de ceux d’en face ? Du point de vue du nombre total d’inventions brevetées, Microsoft joue clairement dans une autre catégorie. Jugez plutôt : 4944 demandes uniques enregistrées au 31 décembre 2004 (3 fois plus qu’Apple) et un nombre moyen de 380 demandes publiées annuellement. C’est là que réside la principale différence avec Apple. Si ce dernier a connu une phase de croissance suivi d’une récession et finalement d’une stabilisation, Microsoft suit une courbe exponentielle : 482 demandes en 2001, 867 en 2002 (+80%), 992 en 2003, 1671 en 2004 et déjà plus de 1400 cette année.


Comparaison du nombre de demandes uniques publiées annuellement


Finalement, si l’on peut avoir l’impression qu’Apple est ultra-innovante et Microsoft un « vulgaire copieur », la réalité pourrait bien en être très éloignée. Certe, Microsoft s’évertue à copier assez systématiquement ce qui marche chez son concurrent mais il ne s’arrête pas là !

Une lecture plus attentive de la courbe ci-dessus nous permet d’identifier des phases de développement relativement cohérentes avec l’histoire commerciale des deux entreprises :
1978 à 1996 : Apple innove et prend de l’ampleur.
1992 : Microsoft commence à voir ses premières demandes de brevet publiées
1996 : Apple a dix fois plus de nouvelles demandes publiées annuellement que Microsoft. C’est à ce moment-là que sa courbe se casse.
La suite, on la connaît. Microsoft profitant du succès de Windows 95 (un million de copies vendues en 4 jours) prend l’ascendant sur Apple, et se donne les moyens de booster son innovation.

Combien d’actions en justice sont-elles en cours entre Apple et Microsoft à propos de propriété intellectuelle ?

Historiquement, Apple et Microsoft se sont affronté en justice à la sortie de Windows 2.0 (Apple n’ayant pas jugé la version 1.0 comme présentant une menace pour ses propres produits). Microsoft fit traîner le procès suffisamment longtemps pour qu’Apple se retrouve en délicatesse financière et propose un arrangement à l’amiable (1997). L’accord comprenait une prise de participation de Microsoft dans son concurrent (6% du capital d’Apple, soit 150 millions de dollars) et l’obligation de développer IE et Office pour Mac OS jusqu’en 2002. De son côté, Apple abandonnait ses poursuites.

On le voit, Microsoft a eu le temps de rôder sa technique pour échapper à la justice…

Ceci pour le passé. En maintenant,combien de combats sont-ils en cours ?

Pour répondre à cette question, j’ai utilisé une base de données portant le nom de LitAlert. Réservée aux professionnels et accessible au travers de l’interface de Dialog (pour ceux qui connaissent), cette source produite par Thomson Derwent présente les plaintes en justice déposées dans les 94 districts juridiques américains et transmis à l’USPTO (United States Patent and Trademark Office). Les USA étant le pays de la liberté et des avocats, si il existe une guerre entre Apple et Microsoft, l’on doit forcément en trouver trace dans cette base de données.

Et bien la réponse est… aucun ! La guerre du brevet ne fait donc pas rage entre les deux ennemis de toujours. Sans doute que ceux-ci préfèrent des règlements à l’amiable (cross-licencing, entre autres) à l’affrontement frontal.

Étonnant, non ? Et pourtant ces deux-là ne manquent pas de conflits liés à la propriété intellectuelle : La base de données LitAlert signale 39 conflits pour Apple (25 concernent des brevets et 14 des marques) et 477 ( !) pour Microsoft (59 portant sur des brevets et 418 sur des marques dont 391 comme plaignant).

Voilà qui devrait méchamment relativiser les grandes annonces du type « Un brevet Microsoft va détruire l’iPod »… dans la quasi totalité des cas, les entreprises s’arrangent à « l’amiable ». Il reste que lorsque ce n’est pas possible, le vainqueur remporte le jackpot. Un exemple ? Le 23 août dernier, la société Mirva s’est vue contrainte de payer 8 millions de dollars à Yahoo pour violation de son brevet portant sur le système d'enchères sur mots clés et de paiement au clic, utilisé pour afficher des liens sponsorisés sur les pages d'un moteur de recherche.

Qui a dit que les brevets ne payent pas ?

vendredi, octobre 14

Apple verrouille sa marque

La dernière Gazette de l'Organisation Mondiale de la Propriété Intellectuelle (OMPI) concernant les marques internationales a été publiée ces jours. Par curiosité, j'ai ouvert le PDF de 446 pages (tout de même) et j'ai lancé une recherche sur le mot "Apple". Et bien figurez-vous que j'y ai trouvé une demande de la firme de Cupertino visant à protéger sa marque dans une nouvelle branche d'activité (les marques sont déposées par branches et non pour l'ensemble de l'industrie).

Le 12 juillet 2005 Apple a enregistré sa marque pour les activités de développement, d'agrandissement ou d'impression de pellicules photographiques; l'enregistrement électronique ou le transfert vers des supports électroniques d'images photographiques; le développement, le traitement ou l'impression en ligne d'images numériques sur du papier photo.

Simple volonté de ne pas se faire exploiter par des prestataires de services ou stratégie de développement d'un service d'impression maison lié à iPhoto ?

Complément: la protection de la marque Apple porte aussi sur son utilisation dans des ouvrages ou articles en rapport avec la photographie ! La protection est valable jusqu'au 12.07.2015.

samedi, octobre 8

La musique du pommier

Après une semaine de vacances « régressives » (ie : pas de téléphone, pas de chauffage, (presque) pas d’eau chaude et, surtout, pas d’ordinateur… le concept n’est pas breveté) dans le Sud de la France, me voilà de retour derrière mon écran préféré. Ma boîte à emails déborde (et je n’ai pas encore vu celle du boulo…) et parmi tous ces messages, ceux m’alertant des nouveautés brevets d’Apple. Un rapide coup d’œil… ha, tiens, un nouveau design ! Voilà qui est parfait pour reprendre le fil de MacBrains sans avoir à lire des kilomètres de textes rébarbatifs (= un brevet).

Un nouveau design, donc. Et de quoi que ça parle ? De synthétiseur. Ben oui. Issu d’une équipe de designers visiblement allemands, le document US D510380, déposé le 30 avril 2003 et publié le 4 octobre 2005, porte 7 noms, tous situés en Allemagne.

Le design de l’avant du synthétiseur.
C’est plein de trucs et de machins… j’y connais rien en synthétiseurs, moi…

Cette news ne va pas révolutionner le monde d’Apple, mais confirmera, s’il en était encore besoin, l’intérêt que porte la firme de Cupertino à la musique (et principalement à son traitement numérique). Pour terminer, signalons encore que ce design sera valable 14 ans, ce qui laisse un peu de marge pour voir apparaître un synthétiseur à Pomme (non, il ne s’agit en aucun cas de synthétiser des pommes…) sur le marché.

samedi, septembre 24

Les brevets du Boss

Steve Jobs est un patron charismatique. Certainement ! Un communicateur de génie. Sûrement ! Mais quel est son rôle exact en matière d’innovation au sein d’Apple ? Existe-t-il des projets sur lesquels il se soit suffisamment impliqué pour que son nom apparaisse sur l’un ou l’autre brevet qui en découle ? Qu’a-t-il réellement contribué à inventer, techniquement parlant ?

Pour tenter de trouver un début de réponse, observons de plus près quelques unes des rares demandes de brevets portant son nom.

Le premier document, rempli en 1989 et publié en 1990, n’appartient pas à Apple mais à Next Inc. (la boîte fondée par Jobs en 1985 après qu’il se soit fait éjecté d’Apple) et présente l’invention du dock tel que nous le connaissons dans OSX.


En rouge, la zone du dock.
(EP 364178, System and method for managing graphic images)


Et oui, OSX est donc l’un des « bébés » du boss et les innovations qui y sont présentent ne datent pas d’hier. Il s’agit d’un projet de longue haleine pour Jobs. C’est impressionnant de voir que tous les éléments d’OSX étaient déjà dans NextStep 3 en 1991 alors que Windows en était encore à la version 3.1 et Mac au système 6. Pour ceux qui ne connaissent pas NextStep, un petit détour par le site suivant est très instructif (présentation de ce système d’exploitation par Jobs lui-même, vaut le détour juste pour le look de Steve…).

Pour moi, cette démonstration suffit à prouver tout le potentiel visionnaire de l’homme (non, je ne lui voue pas un culte dans ma cave).

A son retour aux affaires chez Apple en 2000 (ou en 1997, selon les interprétation que vous donnez à son poste de conseiller spécial), Jobs s’est attelé à un autre projet, le iPod. Plusieurs demandes de brevets portant son nom ont pour objet un « Media player » ou une interface s’y rapportant.

Une de ces demandes de brevets est la WO 03036642, déposée le 22 octobre 2002, publiée le 1er mai 2003 et protégeant le touch pad du iPod. Cette demande est toujours en examen.


Vous l’avez reconnu…


Ici les « dessous » de la molette.


Une autre création de Jobs est l’icône « évolutive ». Oui, celle que l’on trouve notamment dans iTunes et qui permet de graver un CD. Elle s’ouvre comme une iris et passe par trois stades.

WO 02054213, publiée en 2002 et portant le titre « Three State Icons for Operation »



On le voit donc, pas ou peu d’implication dans les machines elles-mêmes. Pour preuve la statistique suivante :

Le nom de Jobs associé au déposant « Apple » apparaît sur 16 demandes de brevets, en se limitant aux procédures US, Européenne (EP) et mondiale (WO).

9 demandes (55%) concernent des éléments de softwares ou d’interfaces

4 demandes (25%) concernent directement un « media player » (iPod)

2 demandes (13%) se rapportent à une machine et il s’agit du iMac Tournesol (plus particulièrement de l’écran monté sur le bras mobile)

Mais là où il ne cessera jamais de nous surprendre, c’est où on l’attend le moins (la 16em demande). Dans mon « post » du 30 août sur le design, je vous avais parlé de cet escalier imaginé par Jobs lui-même (en fait l’escalier de certains Apple Stores aux USA). En bien figurez-vous que le Steve ne s’est pas arrêté au design. Non, il a aussi participé aux aspects techniques de cet escalier comme en témoigne la demande US 20040006939 publiée le 15 janvier 2004 et portant sur un système de fixation pour les marches en verre de cet escalier.

Petite déception, Jobs n’a pas breveté la Keynote ponctuée de « boum », « Amazing » et autres « Incredible, Great, Super-hot, Killer, Remarkable, Spectacular,Wonderful,Magnificent, … » (vous saviez que certaines personnes s’amusent à compter le nombre de fois où un de ces superlatifs apparaît dans une présentation de Jobs ? C’est ici)

jeudi, septembre 22

Design iMac, suite

A la suite des design déposés par Apple sur les différentes configurations retenues pour son iMac "Tournesol" (cf le post "Vous avez dit design ?"), un nouveau document a été publié le 20 septembre. Ce design (valable 14 ans) présente cette fois la variante "iMac-Cube".

Les ingénieurs d'Apple avaient-ils en 2002, date de la demande pour ce design, pensé à une reconversion du mal aimé "Cube" ?

Le design en question, vu de derrière (US D509826)

vendredi, septembre 16

Plus fort que iSight !

Vous êtes-vous déjà demandé ce qu’il manque à votre iBook ou à votre PowerBook ? Non, pas un porte gobelet, cherchez mieux…. Vous n’avez pas trouvé ? Bon, observons un peu ces petites bêbêtes : un clavier, un écran, ça s’ouvre, il y a un lecteur-graveur-CD-DVD-tranches de jambon (vous n’avez pas d’enfants vous ?), et même un micro intégré. Alors ? alors ? Mais oui, une caméra ! Bien sûr la superbe iSight bénéficie d’un support amovible qui se pose sur la tranche de l’écran du portable, mais franchement qui se ballade avec une iSight dans la poche ?

Et bien, les brillants ingénieurs d’Apple ont trouvé la solution et je dois avouer que je la trouve plutôt élégante (bien que peut-être un peu délicate) : ils ont pensé à intégrer une caméra dans… le système de fermeture du portable (demande de brevet US 20050201047).


Là, vous la voyez ? c’est le n°132



La caméra peut pivoter horizontalement et, évidemment, verticalement puisque c’est le verrou de couvercle-écran du portable.


En haut, vue de profile, l’inclinaison. En bas, la caméra rabattue sert de verrou au portable



Comme ils ne sont pas pommes (jeux de mots à 2 balles), ils ont prévu que cette caméra puisse être détachée du couvercle pour plus de maniabilité.


Et hop… (122 = caméra et 116 = couvercle du portable)



La description parle même d’un dock sur lequel il serait possible de poser la caméra.

Alors le prochain portable, avec ou sans caméra ?

mardi, septembre 6

Secouer c’est voler

L’iPod a du succès. Ça ce n’est pas nouveau (plus de 20 millions d’unités vendues, 75% de parts de marché aux USA en 2004). Une telle réussite suscitant des convoitises, même parmi les consommateurs, il s’agit de prévenir tout emprunts « unilatéral » de ce cher quadrilatère blanc qui renferme pour beaucoup d’entre nous l’ensemble de notre collection musicale.

Rassurez-vous, Apple y travaille. Et ses cogitations viennent de déboucher sur une nouvelle demande de brevet américain (US 20050190059), publiée le 1er septembre 2005 (la demande a tout de même été remplie le 1er mars 2004), ayant pour titre « Système antivol pour appareil électronique portable basé sur l’accélération ».

Le principe de cet antivol révolutionnaire est le suivant : l’appareil électronique portable (iPod ou n’importe quoi d’autre) est équipé d’un accéléromètre et d’un contrôleur à même d’analyser les accélérations auxquels est soumis l’appareil. Si ce contrôleur détermine que des conditions de vol sont présentes, il déclenche une alarme (et éventuellement un affichage visuel particulier). Évidemment, ce système est conçu avec un filtre permettant d’atténuer les accélérations « non pertinentes » et d’isoler celles qui sont représentatives d’une situation de vol.

Je ne savais pas qu’il existe des « accélérations représentatives d’un vol ». Imaginez les ingénieurs de Cupertino entrain de simuler des vols à la tire est en soit assez amusant, mais il est permis de mettre en doute l’efficacité d’un tel système. L’alarme ne se déclenchera certainement pas si le voleur opère en douceur mais risque de vous faire remarquer si, comme moi, vous avez l’habitude d’écouter votre iPod sur les pistes de ski ou en pratiquant le VTT… (super discret l’alarme quand vous roulez en forêt). Certes, le brevet mentionne la possibilité pour l’utilisateur de régler la sensibilité de l’antivol, mais même comme ça…



Secouer c’est voler… vous y croyez, vous ?

mardi, août 30

Vous avez dit design ?

Dans le domaine de la propriété intellectuelle, le brevet n’est pas seul. Il côtoie en effet la marque, le droit d’auteur et le modèle (ou dessin). Le modèle permet de protéger le caractère ornemental d’une création, autrement dit son design (pour une définition plus complète, voir la page de l’IRPI). Evidemment, de part le caractère hautement design de ses création, Apple dépose passablement de modèles tels que :

Le iPod (US D506476)


Le “Tablet Mac” (US D504889, le buzz du moment)


Ou encore le iMac (US D489370, US D486486)

Le iMac est particulièrement intéressant, en ceci que les designers de la Pomme, Johnathan Ive en tête, se sont lâchés et ont imaginé tout un tas de déclinaisons du fameux « Tournesol » qui ne verrons sans doute jamais le jour mais qui ont été déposés sous la forme de modèles auprès de l’office américain de la propriété intellectuelle et que voici :

Le iMac « Double arbre à came en tête »


Le iMac « Egyptien » (US D496040)


Ou encore le iMac « tordu » (US D487893)

Mais on trouve encore plus étrange dans les designs déposés par Apple, comme :

Une console de jeux (US D409667, déposé en 1995)


L’ancêtre de la borne Airport (US D385537, « Wireless communications Pod », déposé en 1995)


Un décodeur pour télévision interactive (US D383456, déposé en 1995)

Un appareil Photo digital (US D380001, en 1996 déjà)
Et j’en passe, et des meilleurs : un PDA (US D366463), un téléphone portable (US D370671), …

Mais pour moi, le top du top du design Apple reste le modèle déposé le 15 juillet 2002 sous le numéro US D478999 et portant le nom de Steve Jobs lui-même, j’ai nommé le iStaircase :Non, ce n’est pas un gag, il s’agit bien d’un escalier. D’ailleurs pour les sceptiques voici le lien vers le document de l’office américain.

Ce document ne dit pas si l’escalier est Wi-Fi…

mercredi, août 24

Votre iPod, avec ou sans glaçon ?

Lorsque j’ai acheté mon iPod, voilà… pouf, au moins douze année lumières (pour vous dire, c’est un modèle de première génération), j’ai très vite cherché à l’utiliser dans ma voiture lors de mes déplacements « longues distances » (en suisse = 50 Km…). Pour cela je m’étais équipé avec un émetteur FM iRock, le seul disponible à cette glorieuse époque, importé clandestinement des USA. Le problème auquel je m’étais vite retrouvé confronté étant de savoir où poser la bête afin de pouvoir la manipuler tout en conduisant (oui maman, je sais que c’est dangereux) ou au moins pouvoir voir l’affichage. J’avais alors bricolé un « pose iPod » en sciant une bouteille en PET, ce qui permettait de faire tenir le petit boîtier blanc dans le « porte gobelet » avant de ma voiture.

C’était pas mal, pas très pratique mais bon, ça avait surtout le mérite d’exister.

Bon, elle est sympa mon histoire, mais vous vous demandez certainement où je veux en venir. Non, je n’ai pas déposé de brevet mais j’aurais peut-être dû car les ingénieurs d’Apple l’on fait, eux.

Et oui, ils ont inventé l’adaptateur iPod-porte-gobelets. Tout cela est expliqué dans la demande de brevet US 2005014795 remplie le 28 février 2005, rendue publique le 7 juillet 2005 et dont le titre anglais est : « Electronic Device Holder » (on a vu plus descriptif comme titre).

Le support :


Vue en coupe du support (100) avec le iPod dessus (120) et le câble d’alimentation dedans (124) :

Evidemment, ces brillants cerveaux pleins de pépins ne se sont pas arrêtés là. Ils ont ajouté un système d’enrouleur pour le câble d’alimentation à l’intérieur du support (ouais fastoche,, j’aurais aussi pu le faire ça…), et ça donne ça :

Il suffit dès lors de tourner la partie supérieure pour que le câble s’enroule proprement à l’intérieur :

Au final, et après une (très) courte recherche sur le web, ce type de produit existe déjà chez plusieurs accessoiristes tels que Belkin :

Du coup j’ai l’air un peu bolet avec ma demi bouteille en PET, moi…